Théâtre Visuel et Marionnettes Contemporaines
Histoires Parallèles
Public Cible : Cogénérationel
Le projet Histoires parallèles s’appuie en partie sur le théâtre d’objet. Cette discipline fait partie du théâtre de marionnettes, elle vise à refaire sortir le sens d’un objet, part le fait de manipuler, de le toucher, de le mettre en relation à un autre, de l’animer, ou de lui donner vie afin de le mettre au service d’une narration souvent raconté par le manipulateur.
Ce projet est une tentative de cartographie d’histoires personnelles émanant d’un objet commun. Nous vous invitons à plonger dans une constellation de fragments de vie passée, présente ou à venir.
Partons du fait que nous faisons un pas de coté sur la discipline même du théâtre d’objets. Prenons-le comme une référence. C’est un point de départ pour aller chercher les histoires qui se cachent en eux, que nous révélerons par un geste artistique. Nous ne prendrons pas l’objet pour ce qu’il renvoie chez les autres dans ce qu’il est par sa nature, mais plutôt pour ce qu’il renvoie à nos histoires personnelles.
Une manière poétique de parler de soi au travers d’un objet. Nous tenterons de tisser les liens entre ces différentes histoires, de les faire dialoguer. Comment peuvent-elles se compléter, se faire suite…
Nous souhaitons, à travers ce projet, requestionner la place des objets dans notre monde actuel. Dans une ère où les objets ont une vie éphémère, passant de l’usine à des maisons aseptisées avant de finir rapidement aux incinérateurs, poussés par l'obsolescence programmée, la mode et la baisse de qualité, notre rapport aux objets n’est plus le même qu’autrefois. Et si le fait de déplacer nos regards sur ces objets, en y glissant une histoire, nous amenait à les percevoir autrement, à prolonger leur existence et à renouer avec une relation plus sensible et durable aux choses qui nous entourent ?
Je souhaite associer à ce projet Philippe Billoin, créateur sonore et musicien avec qui je collabore sur différents projets de la compagnie. Et Luana Montabonel avec qui j’ai partagé mes trois années d’études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette. Nous inviterons les participants au cours d’ateliers à dévoiler les histoires qui se cachent à l’intérieur de ces objets et souhaitons enregistrer les participants en créant une grande histoire parallèle en connectant toutes ces histoires les unes aux autres.
Ce projet se veut cogénérationnel où primaires, lycéens et personne âgées vont se prêter au jeu. A la croisée des récits, qui peuvent se passer de mains en mains comme des objets qui traverse les générations, nous ferons communiquer les matières accumulées au sein de ces groupes de générations différentes. Nous souhaitons aussi faire communiquer ces groupes en trouvant des moments d’échange. Cela pourra prendre plusieurs formes que nous déclineront au fur et à mesure du temps de résidence.
Ce projet est pensé en trois « Chapitres », en trois moments de résidences dans les lieux de la ville de Rouen. Trois chapitres évoquant le passé le présent et le futur.
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CHAPITRE 1 : Appel d’hier
Nous irons en résidence dans l’USLD de l’hôpital Saint Julien de Petit-Quevilly Nous inviterons les patients à nous confier les souvenirs enfermés à l’intérieur de ces objets. De les questionner, de leur proposer des manières différentes pour y répondre.
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CHAPITRE 2 : Connexions en cours
Nous questionnerons la réalité de cet objet dans notre quotidien. Quelle est la place de cet objet dans leurs quotidiens ? Connaissent-ils l’histoire de ces objets, comment les générations d’avant peuvent leurs raconter leurs histoires.
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CHAPITRE 3 : Appels vers demain
Nous irons pendant 4 semaines dans l’école Sadako Sassaki de Petit Quevilly. Nous les inviterons par l’imagination et à l’aide de plusieurs protocoles à inviter quels nouveaux souvenirs, quelles prochaines histoires ces objets trouveront dans le futur. Quelles formes trouveront il ? sont les prochaines histoires de ces objets.
Nous souhaitons mélanger les deux classes et intervenir directement avec les 40 enfants, que nous pourrons dispercer en deux groupes pour que chaque artistes puisse leurs proposer une activité.
Pour ces 3 groupes nous pratiquerons initiation au théâtre d’objets, travaux d’écritures, dessins, formes plastiques, échanges, photographies, enregistrements. Nous voulons mettre en valeurs les histoires de chacun qui émane de la présence de ces objets. Une attention particulière sera portée aux mains qui touchent ces objets, aux voix qui racontent ces histoires. Rendu le plus fidèlement possible dans une série de photo et dans une pièce sonore mis en valeur dans une exposition dont le vernissage ce déroulera pour l’ouverture du festival Sages comme au théâtre de la foudre du CDN Normandie Rouen en Juin 2026. Comme une trace plastique de cette traversée au cœur de ces histoires parallèles. Nous les inviterons également à exposer leurs ouevres plastiques.
Avec quel objet allons-nous partir comme point de départ pour cette carthographie des nos histoires paralèlles ?
Le téléphone comme objet de lien.
J’ai choisi de travailler sur un objet universel, familier à tous, que chacun a tenu entre ses mains au moins une fois dans sa vie, si ce n’est quotidiennement.
Dans mon approche artistique, la marionnette est avant tout un objet de lien. Un lien puissant qui se tisse entre elle et le marionnettiste, mais aussi entre le propos et le spectateur, entre un ailleurs et notre présent. Elle devient une passerelle, un trait d’union entre deux mondes. C’est toute la magie de cet art.
Pour faire ressentir cette connexion, j’ai choisi d’explorer un autre objet du quotidien, porteur lui aussi d’histoires et de relations : le téléphone. Il nous relie aux autres, qu’ils soient proches ou à l’autre bout du monde.
Depuis son invention, il a permis de recréer la voix humaine et de transmettre la parole à distance. En tant que marionnettiste, mon travail consiste à donner vie à l’inanimé, à le transposer à d’autres échelles et à d’autres rythmes.
Depuis son apparition avec Alexander Graham Bell en 1876 – bien que l’idée remonte aussi à Antonio Meucci dans les années 1850 –, le téléphone n’a cessé d’évoluer. D’un objet fixe, il est devenu mobile, un compagnon que nous transportons partout avec nous.
Que deviendra-t-il demain ? Comment était-il autrefois ? C’est ce que nous chercherons à explorer à travers ce projet.
J’aimerais interroger chacun sur son rapport à cet objet et découvrir les histoires qu’il porte. Quelle place occupe-t-il aujourd’hui dans nos vies ? Comment son usage évoluera-t-il dans les années à venir ?
À quel âge as-tu touché un téléphone pour la première fois ? Pour appeler qui ?
L’image des opératrices téléphoniques d’autrefois, reliant les gens en branchant des câbles sur un immense tableau, résonne avec notre rôle d’artistes dans ce projet : tisser des liens entre récits et expériences, les entrecroiser et les connecter. Il m’a semblé essentiel que la restitution prenne une forme sonore, permettant d’écouter des bribes de conversation et de se connecter au présent d’un projet inscrit dans la durée.
Mon rôle en tant qu’artiste est de faire émerger ces histoires parallèles et de les retranscrire dans une cartographie sensible, accessible lors d’expositions, de restitutions publiques ou encore sous forme d’un recueil, conservant ces témoignages d’objets et de vies.
Plutôt qu’un spectacle final, j’ai choisi de proposer une exposition qui reliera les trois groupes de participants. Une manière de laisser une trace tangible du projet, afin qu’il puisse voyager et être partagé avec d’autres. Le vernissage sera un moment clé, permettant aux participants de se rencontrer autour de l’œuvre sonore qu’ils auront contribué à créer.
J’aimerais aussi que cette exposition puisse circuler, s’installer dans divers lieux, à Rouen et ailleurs, et pourquoi pas s’infiltrer dans des espaces inattendus.
Si nous partons du principe que les objets portent en eux une histoire, alors tout est gagné.




